эволюционная трансформация человека

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Том 2. 28 июля 1961
03.07.2017, 11:22

 

Il y a une chose importante. Sri Aurobindo dit que tout est involué ici-bas – le mental, le vital, le supramental – et ce qui est involué évolue. Mais alors, si tout est involué, y compris le supramental, quelle est la nécessité d’une «descente»? Les choses ne peuvent-elles pas évoluer d’elles-mêmes?

Ah! il a expliqué cela quelque part.

Mais je ne me souviens pas avoir vu quelque chose qui m’ait satisfait.

Ce n’est pas dans les «Essais sur la Guîtâ»?... Il explique ce que Krishna a dit et comment les deux [descente et évolution] se combinent... Il n’y a pas très longtemps que je l’ai lu; justement j’ai été intéressée par cette question. Et j’ai même dit quelque chose, moi, sur la différence entre ce qui évolue (ce qui sort de cette involution) et la Réponse de ce qui existe déjà dans toute sa gloire là-haut.

Il faudrait retrouver cela.

Dans les très vieilles traditions on trouve deux lignes, c’est-à-dire deux sortes d’explication. L’une dit que c’est par la «descente» de ce qui est déjà dans toute sa perfection, que ce qui est involué peut s’éveiller à l’évolution et à la conscience. C’est comme la vieille histoire: quand ce que Sri Aurobindo appelle la Mère universelle ou la Shakti (ou Satchidananda) s’est aperçue de ce qui était arrivé dans la Matière (c’est-à-dire ce qui a créé la Matière) et de cette involution qui a amené l’Inconscience – une inconscience totale –, selon la vieille tradition, à ce moment-là, directement du Seigneur, l’Amour divin est descendu dans la Matière pour commencer à éveiller ce qui était involué là.

D’autres traditions, au lieu de l’Amour, disent «la Conscience»: la Conscience divine. On trouve même des récits imagés, des représentations d’un Être à lumière prismatique qui est dans la grotte de l’Inconscient, dans un sommeil profond; et c’est cette Descente qui l’éveille à une activité encore (comment dire?) intérieure, une activité dans l’immobilité, une activité de rayonnement (d’action par rayonnement); et alors, de son corps, sortent d’innombrables rayons qui se répandent dans l’Inconscient et qui, petit à petit, éveillent dans chaque chose, dans chaque atome, pour ainsi dire, l’aspiration à la Conscience et le commencement de l’évolution.

J’ai eu l’expérience.

J’ai eu l’expérience d’avoir été «envoyée» pour ainsi dire, et c’était sous une forme combinée d’Amour et de Conscience – l’Amour divin dans sa pureté suprême, la Conscience divine dans sa pureté suprême –, émanée DIRECTEMENT sans passer par tous les états intermédiaires: directement dans les profondeurs les plus profondes de l’Inconscient. Et là, c’était l’impression d’être, ou d’avoir trouvé un Être symbolique dans un sommeil profond et... on pourrait dire tellement voilé qu’il était invisible. Et au contact, alors, c’était comme si le voile était déchiré et, sans qu’il se réveille, d’abord c’était une sorte de radiation qui se répandait... Je vois encore ma vision.

(silence)

Il y a toujours une manière, que l’on pourrait presque appeler populaire, de présenter ces choses. C’est comme toute l’histoire de la création: l’histoire de comment les choses sont arrivées. On peut raconter cela comme le déroulement d’une histoire (c’est ce que Théon avait fait dans ce qu’il appelait La Tradition – un livre qu’il appelait «La Tradition» –, il racontait toute l’histoire, mon dieu comme on la raconte dans la Bible aussi, c’est-à-dire avec des symboles et des formes qui recouvrent la connaissance psychologique). Il y a une façon psychologique de dire les choses, et il y a une façon métaphysique – la métaphysique, pour moi, c’est presque incompréhensible, ce n’est pas intéressant (c’est intéressant seulement pour les esprits qui sont faits comme cela). Une façon presque enfantine et tout à fait imagée de dire les choses me paraît plus évo-catrice que toutes les théories métaphysiques (mais c’est une opinion personnelle, cela n’a pas de valeur!) Le côté psychologique est plus dynamique pour la transformation; c’est généralement celui que Sri Aurobindo a adopté: il ne nous raconte pas d’histoires (s’il y avait des histoires, c’était moi qui lui racontais! – pour moi, les images, n’est-ce pas, c’est très évocateur). Mais si on combine les deux côtés... A vrai dire, pour être philosophique, il faudrait combiner les trois. Mais ça, le côté métaphysique, j’ai toujours eu l’impression que cela donnait aux gens L’IDÉE qu’ils savaient, mais que c’est seulement une idée (!) qu’ils ne savaient rien du tout, parce que c’est ineffectif: ça ne réalise pas. Au point de vue du push, de l’élan vers la transformation, évidemment le côté psychologique est le plus puissant. Mais l’autre [le côté symbolique] est plus joli!

Sri Aurobindo a fait tout un tableau de la Manifestation dans le livre The Hour of God: il y a d’abord ceci qui vient, puis ça, puis ça, puis ça, etc. – toute une série. Je dois dire qu’ils ont imprimé cela très sérieusement dans le livre, mais il l’a fait (je l’ai vu le faire) comme un amusement. Quelqu’un lui avait parlé justement des différentes religions, des différentes méthodes philosophiques, et puis de la Théosophie, Mme Blavatski, tous ces gens (il y avait aussi l’histoire de Théon: chacun a fait son tableau). Alors Sri Aurobindo a dit: «Moi aussi, je peux faire un tableau! et mon tableau sera beaucoup plus complet!» Et quand cela a été fini, il a ri et il a dit: «Mais ce n’est qu’un tableau, c’est pour s’amuser.» On l’a mis très sérieusement dans le livre comme s’il l’avait déclaré comme une chose très sérieuse. Oh! c’est très compliqué!

Non, la difficulté, c’est que les gens vont dire: mais pourquoi la nécessité d’une «descente» si tout est involué et évolue? Pourquoi une descente? Pourquoi l’intervention d’un plan supérieur?

Non, pardon! mais il fallait défaire ce qui a fait cette involution. La CAUSE de l’involution, il fallait qu’elle soit défaite.

Dans l’histoire de Théon, c’était comme cela: d’abord la Mère universelle (il ne l’appelait pas la Mère universelle, c’est Sri Aurobindo qui l’appelle la Mère universelle), la Mère universelle chargée de la création. Elle fait quatre émanations pour la création. Les quatre émanations sont: la Conscience ou Lumière; la Vie; l’Amour ou Béatitude, et... (Mère cherche en vain à se souvenir)... Je crois que j’ai de l’anémie cérébrale aujourd’hui! L’Inde ne parle que de trois: Sat-Chit-Ananda (Sat, c’est l’Existence, qui se traduit par la Vie; Chit, c’est la Conscience, qui se traduit par le Pouvoir; Ananda, c’est la Félicité, qui est synonyme de l’Amour). Mais selon Théon, il y en avait quatre (je savais cela par cœur). Et alors, ces émanations (Théon le racontait d’une façon compréhensible pour quelqu’un qui n’est pas philosophe et qui a un esprit enfantin), ces émanations, conscientes de leur pouvoir, se sont séparées de leur Origine, c’est-à-dire qu’au lieu d’être entièrement soumises à la Volonté suprême et de n’exprimer que... Ah! la Vérité, c’est le quatrième! Au lieu de ne faire que la Volonté suprême, naturellement c’est comme si elles avaient le sens de leur pouvoir personnel (c’étaient des sortes de personnalités: des personnalités universelles qui chacune représentait un mode d’être), et au lieu de rester branchées, elles se sont séparées – elles ont fait à leur idée, pour le dire d’une façon tout à fait compréhensible. Et alors, naturellement, la Lumière est devenue obscurité, la Vie est devenue mort, la Félicité est devenue souffrance, et la Vérité est devenue mensonge. Ce sont les quatre grands Asouras: l’Asoura de l’Inconscience, l’Asoura du Mensonge, l’Asoura de la Souffrance et l’Asoura de la Mort.

Une fois que tout cela est arrivé, la Conscience divine s’est tournée vers le Suprême et Lui a dit (ricin! avec humour): «Eh bien, voilà ce qui est arrivé, comment faire?» Alors, du Divin, est sortie une émanation de l’Amour (dans la première émanation, ce n’était pas l’Amour: c’était l’Ananda; c’était la Félicité, la Joie d’être, qui est devenue Souffrance), et du Suprême est sorti l’Amour; et l’Amour est descendu dans ce domaine de l’Inconscience qui était le résultat de la création du premier émané, qui était Conscience – Conscience et Lumière qui sont devenues Inconscience et Obscurité. L’Amour est descendu dedans, directement du Suprême, c’est-à-dire qu’il a fait une nouvelle émanation, cela sans passer par les mondes intermédiaires (parce que, suivant l’histoire, d’abord la Mère universelle a créé tous les dieux qui, eux, quand ils sont descendus, sont restés en contact avec le Suprême et ont créé tous les mondes intermédiaires pour contrebalancer cette chute – c’est la vieille histoire de la «Chute», cette chute dans l’Inconscient. Mais ce n’était pas suffisant). Alors, en même temps que la création des dieux, il y a eu cette Descente directe de l’Amour, sans passer par tous ces mondes intermédiaires – directement dans la Matière. Voilà l’histoire. C’est l’histoire de la première Descente. Toi, tu veux parler de la descente annoncée par Sri Aurobindo, la descente du Supramental?

Pas seulement. Par exemple, Sri Aurobindo dit que quand la Vie est sortie, il y a eu une pression d’en bas, de l’évolution, pour faire sortir la Vie de la Matière, et en même temps une descente de la Vie, de son vrai plan à elle. Puis, quand le Mental est sorti de la Vie, même chose d’en haut aussi. Pourquoi chaque fois cette intervention d’en haut? Pourquoi les choses ne sont-elles pas sorties normalement l’une de l’autre sans avoir besoin d’une «descente»?

Pourquoi tout est devenu de travers aussi!

Non, ça se comprend très bien quand on a l’expérience.

Par exemple, cette expérience. Prenons le Mental: l’évolution de la Nature et le Mental qui sort de son involution petit à petit; eh bien (ça, c’est une expérience très concrète), ces premières formes «mentalisées», si l’on peut dire, étaient nécessairement des formes incomplètes et imparfaites, parce que l’évolution de la Nature est lente et hésitante et compliquée. Et là, il y a eu, dans ces formes, une aspiration, forcément, à une sorte de perfection et d’état mental vraiment parfait; et cette aspiration a fait descendre du monde mental les êtres qui étaient déjà pleinement conscients et qui se sont unis aux formes terrestres – ça, c’est une expérience très-très concrète. Ce qui sort comme cela, de l’Inconscient, c’est presque une possibilité impersonnelle (oui, une possibilité impersonnelle et peut-être pas tout à fait universelle puisque cela correspond à l’histoire de la terre), mais enfin c’est une possibilité générale, pas personnelle; et la Réponse d’en haut, c’est ce qui concrétise pour ainsi dire: ça apporte une sorte de perfection d’état et de maîtrise individuelle de la nouvelle création. Ces êtres qui sont venus (il y avait des êtres dans les mondes correspondants, comme les dieux dans le Surmental, ou les êtres des régions supérieures), ils sont venus sur la terre dès que l’élément correspondant a commencé à évoluer de son involution. D’abord, ça précipite l’action, mais aussi ça la rend plus parfaite – plus parfaite, plus puissante, plus consciente. Cela donne une sorte de sanction de réalisation. C’est ce que Sri Aurobindo écrit dans La Savitri: cette Savitri qui vit toujours sur la terre – qui a vécu toujours sur la terre avec l’âme de la terre pour faire progresser aussi vite que possible toute la terre –, eh bien, il y a un moment où, en elle, quand les choses seront prêtes, la Mère divine s’incarnera avec sa pleine puissance – quand les choses seront prêtes. Et alors ce sera la perfection de la réalisation. N’est-ce pas, c’est une splendeur de création qui dépasse toute la logique! Cela donne une plénitude et une puissance qui dépassent complètement toute cette petite logique un peu plate de la mentalité humaine.

Les gens ne peuvent pas comprendre! Se mettre au niveau du peuple, c’est très bien (moi, je n’ai jamais trouvé ça bien; mais enfin c’est peut-être inévitable), mais espérer qu’ils comprendront jamais la splendeur de la Chose!... Il faut d’abord qu’ils la vivent!

Moi, dans ces cas-là, je n’aborderais JAMAIS le pourquoi; je dirais toujours: «C’est comme ça.» Quand les gens viennent me dire: «Pourquoi est-ce que c’est arrivé comme cela? Pourquoi est-ce que le monde est malheureux? Pourquoi commence-t-il par être obscur avant d’être lumineux? Pourquoi est-ce qu’il y a eu cet «accident» (si l’on peut appeler cela «accident»)? Pourquoi le Seigneur a permis...» On peut dire: c’est à cause de ceci, c’est à cause de cela – il y a cinquante mille réponses que l’on peut donner, mais qui ne valent rien du tout. C’est comme ça parce que c’est comme ça!

Ce n’était pas tellement une question de «pourquoi» que de processus.

Le processus? Ça, je te donne un processus historique, par expérience.

Il faut les deux choses.

Oui. La terre est un monde représentatif et symbolique, une sorte de cristallisation et de concentration de l’œuvre d’évolution afin de lui donner une réalité plus... concrète. Il faut le prendre comme cela: l’histoire de la terre est une histoire symbolique. Et c’est sur la terre que se fait cette Descente (ce n’est pas l’histoire de la création universelle: c’est l’histoire de la création TERRESTRE), c’est dans l’être individuel TERRESTRE que se fait la Descente, c’est dans l’atmosphère individuelle TERRESTRE.

Prends l’exemple de Savitri (parce que Savitri est très explicite pour cela): la Mère universelle est universellement là et universellement à l’œuvre dans l’univers, mais nous prenons la terre comme une concrétisation de tout le travail à faire pour que l’évolution arrive à sa perfection, à son but; eh bien, là, d’abord il y a une sorte d’émanation représentative de la Mère universelle qui reste sur la terre tout le temps pour l’aider à se préparer, et, quand la préparation est complète, à ce moment-là la Mère universelle Elle-même descendra sur la terre pour finir Son travail. Et Elle le fait avec Satyavan – Satyavan, c’est l’âme de la terre. Alors elle vit en union étroite avec l’âme de la terre, et ensemble ils font le Travail: Elle a choisi l’âme de la terre pour Son travail. Elle a dit: «C’est LÀ que je ferai mon travail.» Le reste (Mère désigne les régions de conscience supérieures), ça se fait comme ça: il n’y a qu’à être et les choses SONT. Là, il faut travailler – sur la terre il faut travailler.

Naturellement, ça a des répercussions et des effets universels, c’est bien entendu, mais c’est ici que ça se FAIT, c’est ici qu’est le LIEU du Travail. Alors, au lieu de vivre béatifiquement dans Son état universel et au-delà, sur-universel (l’état d’éternité hors du temps), au lieu de cela, Elle a dit: «Non, je fais mon travail LÀ, je veux aller LÀ, je choisis», et c’est là que le Suprême lui dil: c’est Ma Volonté que tu as exprimée. – «Je veux faire le Travail LÀ, et quand le tout sera prêt, quand la terre sera prêle, quand l’humanité sera prête (sans même que personne le sache mais enfin ce sera prêt), quand le Grand Moment sera venu, eh bien... eh bien je descendrai finir mon travail.» Voilà l’histoire.

Alors si les gens vous demandent pourquoi, on leur répond: «Je n’en sais rien, c’est comme ça.» Pourquoi? (Mère hausse les épaules) Comment peut-on comprendre avec un petit cerveau humain pourquoi c’est comme cela! – Quand on le vit, on le sait! Ça ne se pose même pas: c’est évident, c’est comme ça parce que c’est comme ça. Ce devait être comme ça – c’est comme ça.

Vous pouvez trouver toutes sortes d’explications: jamais la conscience n’aurait été aussi complète, jamais la joie n’aurait été aussi complète, jamais la réalisation n’aurait été aussi complète, si on n’avait pas passé par... tout ça – mais ça, ce sont des explications, c’est pour satisfaire la pensée. Mais quand on est dedans, on n’a pas besoin d’explications.

Et quant à espérer faire comprendre les gens!... Qu’ils lisent ton livre avec intérêt – au fond, c’est la seule chose qui importe. Qu’ils le lisent avec intérêt; chacun s’imaginera qu’il a compris (il aura «compris», n’est-ce pas!) et à travers («under», j’allais dire!) à travers leur intérêt, eh bien, quelque chose s’éveillera dans leur conscience et une espèce de première aspiration vers le besoin de réaliser – c’est tout. Et si on fait cela, grand Dieu! on a fait une grande chose.

Leur faire comprendre! Comment comprendre? On ne comprend pas soi-même tant qu’on est là [dans le menial]. On peut imaginer toutes sortes de choses, expliquer toutes sortes de choses mais... avec un peu de bon sens, on voit bien qu’on n’explique rien.

 

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Категория: Том 2 аудио | Добавил: Irik
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